WOLE LAGUNJU ENCRES SUR PAPIER / INKS ON PAPER

Since the USA, where he settled in 2007, Wole Lagunju, born in Nigeria, gives to his memories of Yoruba proverbs, the spontaneity of ink of color. Escape and therapy that he practices in a automatically way ,on a daily basis, his representations are born, liberarated by the fluidity of this medium,just like Yorubas’ penchant for short and concise sayings.
Wole Lagunju reaches, with virtuosity and a great economy of means,  to translate, into visual lexicon, the symbols, philosophy and morals of the proverbs that permeate the socio-cultural way of life of the Yoruba. Their appearance dates back to the dawn of time, in Ile-Ife, cradle of the Yoruba people. A territory, all the more important as it gives the artist’s memories, the need to regain the primacy of drawing to preserve his culture. The ability for these societies to use the proverbs appropriately is evidence of wisdom and intelligence because they offer multiple interpretations that make them fascinating. Through his formal inventions Wole Lagunju transposes en images the allusive nature and changing aspect of these ancient precepts. Color ink highlights, rightly placed on the white of the paper emphasizes an anatomy, a movement, overlays of spots initiate metamorphoses. Some images emerge from layers of brigth color. Human or animal representations, symbolic objects as totem and carved wooden combs, merge or seem to desintegrate before our eyes. The intense chromatism of Women are like chamaleons, evokes the mimicry of the chameleon, its ability to blend into its environment, capacity that makes it a concealer animal,as metaphor for the deep-seated  mistrust towards women. As echo the ambivalent spirit of these aphorisms, the artist opts for his opposite and gives a candid look to his figure-chameleon, animal admired, furthermore, for its symbolic strength and which occupies a prominent place in African cosmogonies. The artist’s incisive gaze observes the current state of our society, as illustrated in the work entitled: Pons, fascinating (e) prostitute (e) seen male/female that questions the power relations of gender and identity
The metamorphoses operated by the virtuosity of Wole Lagunju’s color inks reflect of the permanence and renewal of ancestral cultures dependent on the era into which they fit. Looking at his culture of adoption will never replace his history. His trajectory without borders is a source of new synergies that allow him to translate through his work a living pictural memory, by akin to pulling his subjects out of the past into life today.

Depuis les USA, où il s’est installé en 2007, Wole Lagunju, né au Nigeria, donne à ses souvenirs des proverbes yoruba, la spontanéité de l’encre de couleur. Libérées par la fluidité de ce médium, ses représentations, aux états successifs, métamorphoses jamais définitives, traduisent toute l’ambivalence des dictons courts et concis des Yorubas.
Wole Lagunju parvient, avec virtuosité et une grande économie de moyens à traduire, en lexique visuel, les symboles, la philosophie et la morale de ces proverbes qui imprègnent le mode de vie socioculturel des yorubas. Leur apparition remonte à la nuit des temps à Ile-Ife, berceau du peuple Yoruba. Territoire d’autant plus important qu’il donne aux souvenirs de l’artiste le besoin de retrouver la primauté du dessin pour préserver sa culture. La capacité pour ces sociétés, d’utiliser ces proverbes, de manière appropriée est une preuve de sagesse et d’intelligence car ils offrent de multiples interprétations qui les rendent fascinants. Par ses inventions formelles Wole Lagunju prolonge la nature allusive et le caractère changeant de ces préceptes anciens. Des rehauts d’encre de couleur, placés avec justesse sur le blanc du papier soulignent une anatomie ou un mouvement, des superpositions de taches amorcent des métamorphoses. Des images émergent des strates d’encres lumineuses. Représentations humaines ou animales, objets symboliques comme les totems ou les peignes en bois sculptés, fusionnent ou semblent se disloquer sous nos yeux. L’intense force chromatique de Women are like chamaleons, évoque le mimétisme du caméléon, sa capacité à se fondre dans son environnement qui en fait un animal dissimulateur, métaphore de la méfiance profondément ancrée envers les femmes. En écho à l’esprit ambivalent de ces aphorismes, l’artiste opte pour son contraire et donne un regard candide à sa figure-caméléon, animal admiré, par ailleurs, pour sa force symbolique qui occupe une place de premier plan dans les cosmogonies africaines. Le regard incisif de l’artiste observe l’état actuel de notre société, comme illustré ave l’œuvre intitulée : Pons, fascinant(e) prostitué(e) vu au masculin/féminin, qui questionne les rapports de pouvoir de genre et d’identité.
Les métamorphoses opérées par la virtuosité des encres de couleur de Wole Lagunju sont à l’image de la permanence et du renouvellement de cultures ancestrales, tributaires de l’époque dans laquelle elles s’inscrivent. Le regard de l’artiste, porté sur sa culture d’adoption, ne remplacera jamais son histoire. Sa trajectoire sans frontière est source de nouvelles synergies qui lui permettent de traduire, à travers son œuvre, une mémoire vivante imagée.