Soly Cissé -Série Corona, 2020 – Acrylique, papier mâché sur toiles – 150 x 100  cm x 3

Cette œuvre que l’artiste a réalisé pendant la période de confinement à Dakar fait référence au drame mondial de la pandémie et concentre une multitude d’allusions à l’histoire de la peinture qui s’ajoutent à des pratiques primitives.

Le format : un triptyque de grande dimension 150 sur 300 cm au total, permet de découper la scène en séquences, une constante dans les compositions de l’artiste où, un temps se déroule au fur et à mesure que le regard parcourt l’espace de la toile. Sur la gauche deux animaux, tels le taureau et le cheval dans Guernica, œuvre de Picasso que certains historiens interprètent comme une crèche inversée, nous regardent. Ils viennent de s’accoupler, il y aura une portée – La vie va reprendre.
Dans une articulation dynamique, deux figures de couleur orangée, animent l’espace central. Pieds et jambes flottent en apesanteur dans un espace sans repères et sans perspective, rappelant une scène du manuscrit médiéval de l’Apocalypse de Saint-Sever. Prenant fortement appui sur son genou, en contraposto – figure classique de la sculpture grecque – celle qui sauve relève l’homme à terre avant qu’il ne passe de l’orangé au noir, signe qu’il serait peu à peu gagné par la mort.
Tel un Roi mage venant de la droite comme dans les tableaux des siècles passés, la figure verticale du guérisseur bloque la composition. Sa coiffe, une superposition de couches d’acrylique sur  papier mâché contrecollé, participe du nuage. Il domine un homme assis, lequel, guéri semble remercier le ciel. Une figure, celle de l’artiste lui-même, flotte dans l’espace du tableau et observe la scène – une stratégie dans l’histoire de la peinture qui permet d’impliquer le spectateur.