Exposition monographique
NO EXPORT…SOLY CISSE
14/10/2021 – 5/12/2021

Une conviction écologique de longue date, ancrée dans l’histoire familiale, de l’artiste, relève avec justesse les grandes questions contemporaines liées au changement climatique, à la menace de désastres écologiques et à la pollution. L’artiste a toujours travaillé sur un vaste territoire, qu’il soit conceptuel ou géographique – en particulier le continent africain – La série d’œuvres présentées découle de son histoire personnelle et familiale et prend pour sujet la question de la Nature, indissociable pour lui de l’environnement allant de pair avec la protection imaginaire.

Soly Cissé se confronte à l’océan qu’il a bien connu alors qu’il était ce beach-boy des plages dakaroises surfant sur la vague. D’un passé qui n’est plus à la réalité du temps présent, une série d’œuvres témoigne de la pollution avec, dans ses représentations des océans, autant de plastiques que de poissons, signe de l’expansion continue de la pollution des mers.

Soly Cissé éprouva cette relation à l’environnement, enfant, alors qu’il vivait au cœur d’une contrée sauvage avec son père, médecin radiologue, chargé de la surveillance du camp des ouvriers du barrage de Manantali. Cette région, aux confins du Sénégal, de la Mauritanie et du Mali, où bêtes et hommes vivaient jusqu’alors en osmose depuis des millénaires, marqua durablement son imaginaire. Il fut témoin de la cruauté et des excès de l’homme : destructions et massacres lors de chasses rituelles, espèces en danger et dégradation de leur habitat, cultures appelées à disparaître dérégulant à terme tout un écosystème. Imprégné de cette nature originelle, Soly Cissé convoque dans ses toiles, la faune tant sauvage que domestique et la flore marine pour dire son espoir dans la marche nouvellement engagée vers un aménagement global de la planète. En particulier, le projet de la « La Muraille Verte », ce corridor écologique écologique qui traversera l’Afrique dans toute sa largeur, de Dakar à Djibouti.

Surfer sur une vague comme je le faisais il y a quelques années, à travers différents spotsdakarois… cette pratique de beach-boy de mon adolescence, ce monde de glisse, m’a initié au respect de la mer et de la Nature. Et aujourd’hui, conscient du talent destructeur de l’homme « écolo » dans l’âme, j’aimerais qu’aussi léger que le surfeur sur sa planchet, celui-ci laisse la Nature telle qu’elle est, comme nous l’avons trouvée, pour la transmettre à nos héritiers.

Projet curaté par Armelle Malvoisin avec Michel Grigori, séléctionné dans le cadre de la Saison Africa 2020, exposé au Cac Passerelle de Brest du 11 juin au 11 septembre 2021. Là où est la mer… (photo de l’exposition au Cac Passerelle)

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