LES « VOIX » DU TEXTILE
ARTISTES
VICTOR OLAOYE
SAMUEL NNOROM
WOLE LAGUNJU
IBRAHIM BALLO

Vernissage 7/04/2022

Dans le cadre de l’événement
Traversées Africaines 

5 – 22 mai 2022

Victor olaoye Galerie Chauvy

La présentation réunit les œuvres des artistes nigérians Victor Olaoyé, Wole Lagunju, Samuel Nnorom avec celles du malien Ibrahim Ballo autour d’un thème qui traverse toute l’histoire africaine, celui du textile. Ces artistes font de ce matériau, l’inspiration centrale de leur pratique sans se laisser contraindre par aucun média en particulier, en véritable analystes de leurs cultures aussi bien anciennes que contemporaines.

BIEN AU-DELÁ DE LA PARURE, CES ARTISTES FONT DE CE MATÉRIAU, LE LANGAGE SPÉCIFIQUE DE L’IDENTITÉ DE LEURS MODĖLES ET L’ÉCLAT SPIRITUALISÉ DE LEURS CIVILISATIONS.

Les « voix » du textile ce furent, longtemps, dans les champs d’indigotiers, celles des esclaves, ces sans-voix – comme on les appelait – avec pour seul langage, le bruit des chaînes aux pieds d’où le jazz tient son rythme. Ce sont celles des ancêtres d’Ibrahim Ballo, tisserands du Bogolan, ce tissu traditionnel malien, que des décoctions de feuilles pour teinture, qualifie. Celles des textiles des femmes yorubas dont Wole Lagunju fait revivre les traditions décoratives, dans un concept artistique contemporain : l’Onaïsme. Ce sont les voix croisées, les dialogues, les interrogations des artistes contemporains comme Samuel Nnorom sur l’histoire du textile, ses origines, son usage. La matérialité de l’œuvre et son contenu… Les bubbles  comme métaphore des apparences qui menacent la vérité de l’être avec les fausses valeurs qui l’enferment.

Victor Olaoyé, né dans l’Etat d’Ogun, Nigéria, vit et travaille à Ondo, Nigéria.
Teintés à l’indigo et riches de motifs graphiques infiniment inventifs que se transmettent de mère en fille les femmes Yoruba, les textiles Adire dont Victor Olaoyé s’inspire pour ses toiles, racontent la longue histoire coloniale.

LA CONVOITISE DE L’EUROPE POUR LE PIGMENT BLEU, BASE INCONTOURNABLE DES TONS VERTS, VIOLETS, NOIRS ET BRUNS, QUI A GĖNĖRĖ, BIEN AVANT L’ESSOR DE LA CANNE A SUCRE, L’EXPLOITATION D’UNE MAIN D’ŒUVRE ESCLAVE.

Perpétuant la technique ancestrale du tie-and-dye, le textile Adire, porté drapé sur les corps de ses modèles révèle à l’artiste, une incroyable richesse d’expressions individualisées. Mais contrairement aux sociétés traditionnelles qui ne faisaient que perpétuer le passé, Victor Olaoyé fortifie sans la détrôner cette tradition. L’artiste reconfigure dans ses toiles, les notions de genre, de classe et d’image que ses modèles veulent communiquer. De larges touches renvoient aux envolées de la peinture tachiste pour faire naître de luxurieux textiles. L’arrière-plan conjugue des plages de peinture pure avec des motifs végétaux et floraux stylisés, sérigraphiées qui vient articuler ces visages aux végétaux qui les traversent, apportant une intensité supplémentaire. Les figures apparaissent et disparaissent dans les végétaux qui les habitent de l’intérieur. Une mise en scène saisissante qui détache les figures sur cet arrière-plan, faussement neutre, loin d’être un fond inerte,

LES FIGURES APPARAISSENT ET DISPARAISSENT DANS LES VĖGĖTAUX QUI LES HABITENT DE L’INTÉRIEUR. CETTE INTERCORRĖLATION DU FOND SUR LES FIGURES TĖMOIGNE DE LA PRISE DE CONSCIENCE DE VICTOR OLAOYĖ ET LE RELIE A SON HISTOIRE PERSONNELLE, VĖCUE DANS LA FERME FAMILIALE, UN ENVIRONNEMENT EN PLEINE NATURE QUI IMPRĖGNE TOUJOURS SON IMAGINAIRE COMME SES TOILES

Wole Lagunju, né en 1969, (Nigéria) vit et travaille aux U.S.A.
Wole Lagunju aurait pu être styliste. Et ce n’est pas seulement son affection pour les tissus et l’élégance, qui le laisse entendre. Le peintre nigérian est à l’image de ces créateurs qui suggèrent dans leurs collections des métissages d’époques. L’artiste puise son inspiration dans une des plus anciennes et des plus importantes cultures au sud du Sahara :  celles des anciens Yoruba – groupe ethnique d’où il est issu. Formé au design et à la mode qu’il élève à une forme d’art, Wole Lagunju revient volontiers, dans sa conversation, sur sa passion pour la mode. Un lien, une spiritualité du tissage, chargé de multiples correspondances. Le concept de beauté (ewa), dans la tradition et la culture Yoruba, a des connotations métaphysiques et spirituelles qui diffèrent de la croyance occidentale. La beauté est pouvoir et l’élégance, un comportement social, quasi obligé.

MÉTISSAGE OBLIGÉ, SES MODĖLES, AUX MASQUES YORUBAS, PARTENT Á LA CONQUÊTE DU MONDE EN BLAZERS FLEURIS ET ROBES PSYCHÉDÉLIQUES, TOTALEMENT SEVENTIES.

L’artiste, en prise avec son époque, s’approprie un langage nouveau et réussit une des fusions les plus efficace entre tradition et avant-garde qui sert à lire la tradition et non l’inverse comme dans le monde occidental.

Samuel Nnorom, né en 1990 à Nos Jort (Nigeria), vit et travaille au Nigéria. Explorant divers matériaux, principalement le tissu d’Ankara,

L’ARTISTE SCULPTE DES FORMES EN RELATION AVEC L’ORGANIQUE, L’ANIMAL, SORTE DE CHRYSALIDES ARACHNĖENNES EN VOIE DE MĖTAMORPHOSES, Á L’INSTAR PARFOIS DE SE BRISER, TANTÔT CONFRONTĖES Á L’ESPACE, TANTÔT AU MUR.

L’importance de ce textile n’est pas seulement liée à son origine. Les gestes de l’artiste sont aussi symboliques et signifiants. Modelées, roulées puis emprisonnées en grappes dans une résille métallique, les « bubbles » de Samuel Nnorom, gainées de tissu d’Ankara, opèrent, comme un voyage inversé à la fois travail traditionnel et local obéissant à des techniques anciennes et chargées en même temp, des propres valeurs de l’artiste

LA DĖMARCHE DE L’ARTISTE EST UN EXEMPLE DE PLUS DES MULTIPLES SIGNIFICATIONS QUE PEUVENT PRENDRE LES TISSUS DANS LEUR RAPPORT A NOS VIES, ET QUE L’ART DU TEXTILE CĖLĖBRE.

Ibrahim Ballo, né en 1986, Bamako, (Mali), vit et travaille à Bamako.
Dans la tradition inspirée, au Mali, par la technique du bogolan, le procédé d’Ibrahim Ballo, fusionne littéralement peinture et textile. Ses figures opèrent une mise en tension entre la planéité d’une peinture pure et immersive et le haut relief des nœuds de coton. La démarche d’Ibrahim Ballo opère un transfert de savoirs culturels : celui du textile, matériau à valeur artisanale, connu depuis le début du 2ème millénaire avant notre ère, avec celui de la peinture.

LES DEUX MATĖRIAUX SE COTOYAIENT AU FIL DES SIĖCLES, SANS S’INTERPĖNĖTRER. POUR L’ARTISTE, LE TEXTILE EST PRIS, AU SENS LARGE : IL S’AGIT DU PREMIER FIL, DU PREMIER NŒUD. LA FIBRE DE COTON NOUĖE A LA SURFACE DE LA TOILE DONNE A CELLE-CI UNE TROISIĖME DIMENSION ET INTERFĖRE AVEC LA MODERNITĖ DE L’ACRYLIQUE.

Wole Lagunju Galerie Marion Chauvy

Wole Lagunju
Cerebral woman,
2022, huile sur toile, 185 x 145 cm
Image courtesy Wole Lagunju/Montague Gallery, New York

En 2019, Victor Olaoyé a remporté le Premier prix à la 13ème « Life in My City Art Festival »(LIMCAF), Onugu, Nigéria. Il sera l’invité de la Dak’art Biennale du 19 mai au 21 juin 2022.

Samuel Nnorom vient de remporter le « Prix Cassirer Welz 2021 » qui lui vaudra une résidence et une solo exposition à la Bag Factory, Johannesburg, Afrique du Sud. Son travail acuel sur le tissu d’Ankara a été particulièrement distingué.

Ibrahim Ballo-galerie-chauvy

Photo. Olesya Shilkina Mossi Trore/Ibrahim Ballo, collection MOSSI SS22.  Show Carroussel du Louvre, octobre 2021.

Victor Olaoye__Galerie Chauvy

Victor Olaoyé
Acrylique et teinture naturelle sur toile
2021
160 x 160 cm

WOLE LAGUNJU

MOSSI SS22 PARIS FASHION WEEK PRESENTATION

VICTOR OLAOYE

SAMUEL NNOROM

LES ARTISTES, EN SAVOIR PLUS

Victor Olaoyé, né dans l’Etat d’Ogun, (Nigéria), vit et travaille à Ondo, Nigéria.
En 2019, Victor Olaoye a remporté le Premier prix à la 13ème Life in My City Art Festival (LIMCAF), Onugu, Nigéria. Il sera l’invité de la Dak’art Biennale du 19 mai au 21 juin 2022. Diplômé de l’Université Obafemi Awolowo (Ace, Ondo), Victor Olaoyé est titulaire d’un BA.ED en beaux-arts et arts appliqués.

Samuel Nnorom, né en 1990 à Nos Jort (Nigeria), vit et travaille au Nigéria
L’artiste vient de remporter le Prix Cassirer Welz 2021 qui lui vaudra une résidence et une solo exposition à la Bag Factory, Johannesburg, Afrique du Sud. Son travail actuel sur le tissu d’Ankara a été particulièrement distingué.

Il est titulaire d’un BAed (sculpture majeure) de l’Université de Jos et d’un MFA en sculpture de l’Université du Nigeria, Nsukka. (Prestigieuse école où enseigne El Anatsui).

Wole Lagunju, né en 1966 Oṣogbo, (Nigéria) vit et travaille aux USA.
L’oeuvre de Wole Lagunju est associée à l’onaisme, un mouvement contemporain de l’école d’art d’Ife dédié à la réinvention des formes et de la philosophie de l’art et du design traditionnels yoruba. Ses peintures et installations sont centrées sur le tissu Adire Yoruba. Wole Lagunju est diplômé en design graphique à l’Université d’Ifé, aujourd’hui Université Obafemi Awolowo, Nigéria. En associant installation textile, graphisme et peinture à ses traditions décoratives et aux masques Gelede, l’artiste explore les hiérarchies postcoloniales et l’hybridation. Prix et distinctions Wole Lagunju a reçu la bourse Phillip Ravenhill de l’UCLA en 2006. et le prix Pollock Krasner en 2009

Ibrahim Ballo, né en 1986, Bamako, (Mali), vit et travaille à Bamako.
Ibrahim Ballo vient de remporter le 1er Prix du ministère de la Culture à l’exposition d’Art Contemporain de Segou Art-Festival sur le Niger, 4 – 7 février 2022. Il est diplômé de l’Institut National des Arts de Bamako en 2012 et d’une maîtrise en Arts Visuels au Conservatoire des Arts Plastiques et Multimédia Balla Fasseke Kouyaté de Bamako. Lauréat en 2017 du Prix des Ateliers Sahm en Arts Visuels à la RIAC, Congo Brazzaville. Il est lauréat de l’Institut français et de la Cité des arts, Paris, 4ème trimestre 2020. Artiste resident à la prestigieuse Fondation Donwahi, Abidjan, décembre 2021. Les expositions récentes incluent 2021 Solo exposition, Institut français, Bamako, 21 octobre/15 novembre. Show Palais de Tokyo, Mossi Traoré/Ibrahim Ballo, octobre. Matières, Manières & Sociétés, Institut Français St-Louis Sénégal, Group show, juin/juillet. Réinventer le monde à l’aube des traversées, Centre Montévidéo, Marseille, mai/juillet. Matières, Manières et sociétés, Institut français, St-Louis, juin/juillet.