Les sculptures peintes, 1987 Anita de Caro

Le saltimbanque, 1987 - Bois assemblés et peints - 106,5 x 53 x 30 cm- reproduit cat. de l'exposition : Roger Vieillard, Anita de Caro, le trait et la couleur - Yerres, 2008
Parallèlement, Anita de Caro explore différentes techniques associées au thème du coup de dés, emploi de contreplaqué, toile émeri, papiers collés, carton ondulé, se substituant ou se combinant à la toile ou au contreplaqué : le jeu pictural devient le lieu d’une interrogation libre et lyrique sur le jeu cosmique.
L’apparition des figures,1966 Anita de Caro

Quatre spectateurs, 1966 - Huile et collage sur toile - 146 x 114 cm - reproduit cat.Roger Vieillard, Anita de Caro, le trait et la couleur - Exposition - Yerres 2008
Marc Fumaroli cité dans : Roger Vieillard, Anita de Caro, le trait et la couleur -Catalogue : Exposition Propriété Caillebotte – Ed. Gourcuff Gradenigo – Ville de Yerres et Anne Guerin – 2008.
Toute pensée émet un coup de dés…, 1961 Anita de Caro
Transposition du Coup de dés de Mallarmé sur le thème du hasard créateur, la toile et l’artiste se meuvent dans le mouvement universel : c’est l’époque des cosmogonies, à la recherche de l’harmonie en devenir et du hasard, elle laisse les composantes de sa toile entrer en conflit. Prétexte pour une expérimentation sur les espaces à organiser, sur la matière et surtout, sur la couleur.
André Deligne cité dans : Roger Vieillard, Anita de Caro : le trait et la couleur, catalogue exposition Propriété Caillebotte , Yerres, 2008.
Paysage, 1953-54 – Anita de Caro
Chez Anita de Caro, le conflit abstrait-figuratif est caduc, tout comme il le fut pour ses compagnons de route : Manessier, Bazaine, Viera da Silva.
Lydia Harambourg *
Evocation de villes légendaires ou de paysages, ses compositions sont construites par juxtaposition de touches de couleur en transparence ou superposées, parfois retenues par des zones de toiles en réserve.
La ligne s’oublie dans les modulations de la couleur et de la lumière.
Anne Guerin*
*citées dans : Roger Vieillard, Anita de Caro, le trait et la couleur - catalogue exposition Propriété Caillebotte – Yerres, 2008.
L’invention de la peinture : Les leçons de l’Antiquités
L’apparition des figures chez Anita de Caro fait l’effet d’un retour à l’instant fondateur de la peinture selon Pline l’Ancien.
Marc Fumaroli, cité dans Roger Vieillard, Anita de Caro, le trait et la couleur – Exposition Propriété Caillebotte – Yères -
Esprit encyclopédique, Pline l’Ancien (23-79) nous relate le vie des peintres grecs dont on ne saurait rien sans son Histoire Naturelle. Le livre 35 de ce Traité*, consacré aux matériaux de l’art, nous raconte l’histoire d’un potier de Corynthe qui remplit d’argile le contour de l’ombre de sa fille donnant le premier portrait. – Histoire, avant la peinture, laquelle débuterait par l’artisanat –
Egalement, cette fiancée corinthienne, qui avant le départ de celui qu’elle aimait pour un long voyage, fixa sur un mur selon les contours de son ombre, la forme chère sur le point de s’évanouir. De là, l’essor de la peinture murale païenne puis chrétienne.
Cette origine antique de l’invention de la peinture a été interprétée par les peintres de la Renaissance jusqu’à l’époque romantique -Murillo : L’Ombre 1660 – La beauté qu tu admires tire son origine de l’ombre -
Deux gravures de J. Von Sandrart au 15ème siècle : Le berger découvre son ombre, en suit le contour avec un bâton.
Regnault en 1785 pour Marie Antoinette à Versailles : La bergère trace le portarit du berger.
Suvet en 1791 : dans la tradition de la scène amoureuse : Chez le potier – l’artisanat précédant l’art
Girodet : L’invention de la peinture : portrait tracé par la jeune fille par la flèche de l’amour (le plus bel outil de monde)…..
*Histoire naturelle - Pline l’Ancien (23-79)
Le coup de dés de Mallarmé
Paul Valéry fut le premier en 1897 à lire l’ouvrage extraordinaire de Mallarmé Le coup de dés qu’il compare à un ciel étoilé ou à un feu d’artifice:
Mallarmé, m’ayant lu son Coup de dés, comme simple préparation à une plus grande surprise, me fit enfin considérer le dispositif. …
Paul Valéry – Écrits sur Stéphane Mallarmé, NRF.
Tel mot, en gros caractères, à lui seul, domine toute une page de blanc. La constellation y affectera, autant qu’il est permis à un texte imprimé, une allure de constellation.
Lettre de Stéphane Mallarmé à André Gide, 14 mai 1897 (extraits)
Michel Leiris développe un réseau métaphorique nouveau


