CITY : Anju Chaudhuri, Robi Walters, Jack Servoz

CITY : Anju Chaudhuri, Robi Walters, Jack Servoz

CITY Anju Chaudhuri, Jack Servoz, ROBI wALTERS

La diversité des pratiques artistiques  : techniques, procédures, matériaux hétérogènes témoigne des  différents foyers artistiques des trois artistes. Robi Walters tire une dimension métaphorique des objets récoltés dans les rues de Londres. Jack Servoz capte les énergies de la rue parisienne pour en dégager une politique du trottoir. Les  grandes toiles d’Anju Chaudhuri, sorte de topographie aérienne, enregistrent les transformations rapides des métropoles indiennes.

Exposition Galerie Chauvy   23/03 – 6/04/2016

ANJU CHAUDHURI (1944 calcutta)

 

Anju Chaudhuri transpose sur de grandes toiles, les paysages mouvants, aperçus depuis l’avion atterrissant sur sa terre indienne. Terre et ciel fusionnent créant des impressions visuelles fugaces. Parmi les nombreux médiums qu’elle utilise, elle incruste des végétaux dans le papier qu’elle fabrique. De son dialogue physique avec les matériaux naturels, émerge  une cosmogonie liée à sa culture où l’acte de création est pensé en continuum avec la nature.

Inspirée par les paysages de sa terre indienne, ses grandes toiles, dépourvues de figuration, articulent le paysage  avec la toute puissance émotionnelle de ses couleurs.

Préoccupée par la lumière et l’espace, elle fait fusionner terre et ciel créant des impressions visuelles fugaces, des paysages mouvants, sorte de topographie d’un environnement où le spectateur est immergé.
Ayant étudié à la prestigieuse école d’art de Baroda en Inde, elle poursuit sa formation à la St-Martin’s School de Londres, avant d’adopter la France, où elle s’inscrit à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, elle fréquente l’Atelier 17 de Stanley Hayter et assiste aux cours de Jean Bertholle.
Elle expose entre la France, Londres, Dehli

ROBI WALTERS (Londres 1973)

 

L’œuvre de Robi Walters, est traversée par une notion de spiritualité d’une grande intensité plastique. L’artiste accumule un butin de matériaux dérisoires – emballages d’articles ménagers, disques vinyles cassés ….-  transformés dans son univers pictural en collages de formes, organisées en lotus. C’est une rédemption magique qui restitue une vision apaisée, un support de méditation. Portée par un rythme, une dynamique et des couleurs vibrantes, cette métamorphose redéfinit une valeur sociologique du matériau.

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L’artiste récupère à l’état de rebut ces objets de notre société de consommation En relation avec son intérêt pour la méditation, un acte qu’il pratique chaque matin, ses collages, organisés de façon méticuleuse visualisent un lotus. Cette « rose des Indes » ,médium de méditation depuis des temps immémoriaux, est un symbole de vie et de renaissance ; chaque soir, le soleil s’y réfugie. Le cycle recommence tous les jours et tous les soirs depuis l’aube des temps.

D’origine demi-jamaïcaine mais né à Londres, où il vit et travaille, Robi Walters entremêle de riches héritages culturels et fusionne en une alchimie haute en couleur, les influences africaines avec sa culture anglaise Le travail de Robi Walters a été exposé dans le monde entier ; Londres, New-York, Miami, Abu Dhabi  .. un solo show est prévu à Los Angeles, en octobre prochain. Très impliqué dans de nombreuses collaborations – avec Chris Moon à la Maddox Gallery, à 1:54 Contemporary African Art Fair, également pour des Institutions et ateliers communautaires pour enfants et jeunes adultes, il est un ami de longue date de Chris Ofili qu’il considère comme son mentor.

jACK servorz (Paris 1953)

Jack Servoz tire ses énergies de la rue : Flyers de concerts illégaux, fanzines punk rock, dont il reconstitue les logos bruts : c’est tout l’univers urbain de l’underground londonien dès années 70 ou les murs sales de Paris.  Rejoignant la grâce subversive de Jean Genet il transfère sur ses toiles la force pathétique « des body painting » pratiqués, de jour comme de nuit, dans les prisons sud-américaines. Autant de destins mis à distance, par l’inscription dans leur peau de messages d’amour devenus dérisoires…il les oppose à la puissance magique de masques reliés à des civilisations primitives. 

 

 Jack Servoz : une imagerie urbaine et primitiviste

C’est une hybridation à tous les niveaux, non sans rapport avec les dadaïstes, Plusieurs couches de medium acrylique, révèlent, entre recouvrement et dévoilement, des mots et des images enfouis et nous délivrent leur message de connaissance originelle. Malgré une force créatrice  primaire qui dialogue avec sa propre pulsion de création-destruction et son attirance pour l’interdit, il maintient un équilibre entre ces forces apparemment contradictoires, le contrôle et la spontanéité, l’imagerie urbaine et le primitivisme.

Dualité à l’image de l’artiste qui garde de ses années punk un caractère de révolte alors qu’il ne cesse d’écrire dans une veine poétique subtile et existentielle.