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Elles chantent les oeuvres de Jean-Marc Brunet  par Charles Aznavour (2010)  lire…….

Jean-Marc Brunet   – peintures – dessins -  par Lydia Harambourg à l’occasion de l’ exposition  à l’Arsenal,
Musée de Soissons  – 29/01-27/02/2011

 La parution d’un ouvrage est l’occasion d’exposer des peintures deJean-Marc Brunet, né près de Soissons, à Chassemy, où il vit et travaille. Un sentiment de nature imprègne son œuvre colorée et lumineuse. Il construit un monde à sa propre mesure. Avide d’espace, Brunet affronte son support – toile, panneau, feuille – avec immédiateté du geste qui se traduit par une inscription directe de signes, de traits, de taches qui s’ordonnent avec l’évidence d’un langage qu’il fait sien.

Lyrique, son abstraction est d’abord un poème qui tisse des liens avec les grands invariants plastiques.La Méditerranéecomme l’Afrique le font renouer avec les vrais secrets dela beauté. Brunet en transcrit les rivages étincelants, les coulées naturelles brutalement endiguées par des gemmes desquelles s’écoulent des giclures, des fluidités et des vapeurs.
Flamboyante ou crépusculaire, sa peinture est propice à la méditation, contient une émotion dont la déflagration colorée envahit un espace pur dans un champ chromatique éclatant.

Epris de poésie et de musique, Brunet rejoint Nietzsche pour qui  l’art est plus important que la vérité  Ses Séries d’hommages à Edgar Allan Poe ou Henri Michaux dévoilent une présence plus qu’elles ne la montrent. Avec l’ensemble intitulé  En rêvant , le souvenir intervient comme élément constitutif de son univers.

Son abstraction n’est qu’apparente, dans sa volonté de donner des équivalences visuelles aux phénomènes dont il infléchit l’ordre naturel au profit d’un ordre pictural. Le geste concentré allume la couleur travaillée dans sa texture sonore, invente des signes, groupés suivant une cadence aux inflexions fusionnelles pour une mise à jour d’une lecture imaginaire, traversée de silences, de fracas, d’ouvertures sur l’infini. Les dessins mêlent étroitement les tracés suivant des flux rythmiques dont la rapidité d’exécution est en prise sur la métamorphose de l’écriture. Sa trame fine et serrée est organisée en boucles et en écheveaux qui se dévident sur une feuille de papie

Les rencontres d’AZART janv./fév. 2008 – Gérard Gamand
C’est un travail qui commence toujours par des couches successives de jus trés fluides .Chacune d’entre elle émerge de la précédente . Je laisse complètement aller mes sensations, mes impressions du moment.Je mets de côté une toile pour qu’elle sèche. J’en reprends une autre. Je regarde , je recule ou j’avance sur de nouvelles nuances. Beaucoup de jus délayés à l’essence pour créer ce nuagisme informel des fonds. Une toile répond à une autre. Chacune avance à son rythme. Et puis seulement lorsque je le sens apparaissent alors les traces, les signes, le mouvement. Cette peinture minimaliste devient alors gestuelle. Je confirme ou j’élimine. Cest un travail de repos et de fureur, de douceur et de violence. »           Jean-Marc Brunet
Ce mélange est étonnant , il fait toute l’originalité du peintre . Il y a une contradiction flagrante entre l’élégance souveraine des fonds et les jaillissements fébriles de signes.
C’est un travail de toute beauté quand l’harmonie chromatique est au rendez-vous.On y puise une énergie qui a toute la profondeur des poètes -
« C’est en fait un travail de mémoire picturale, on pourrait presque dire de jus transgénérationnel . Je suis fasciné par les apparitions successives qui surviennent sur la toile ou le papier. Comme j’ai une trés grande méfiance pour tout ce qui pourrait être une recette ou un savoir faire, je tente des chutes, en essayant de ne pas laisser entraîner….C’est la danse au bord du précipice qui est excitante. »
Marie-Laure Desjardins – Cimaise N°27 – sept-nov 2007 -

« Blancs comme la lumière incandescente de ciels brûlés, bleus comme le firmament, gris comme les nuées des tropiques ou ocres comme la terre africaine, des cercles récurrents s’inscrivent dans les toiles exposées à Soisson, au Musée de l’Arsenal. Sans commencement ni fin, ils symbolisent ce temps si obssessionnel chez les poètes . Et renouant avec l’âge d’or du surréalisme où peintres et poètes communiaient alors sans barguigner, Jean-Marc Brunet a composé à son tour ces « Séquences orangées », toiles transpercées de lumière, ainsi que des monotypes intégrant un court poème. Il rend à son tour hommage à quelques écrivains et poètes amis : François de Villandry, Jean-Marc Natel, Pierre Nicolas, David Beaurain, Jean Orizet et André Schmiiz, qui, en guise de merci ont permis aux mots d’entrer en peinture. »

Jean ORIZET sur l’exposition à Six-Fours(Var)6-28 avril-4 juin 2006
« A regarder les tableaux récents deBrunet, je suis frappé par leur vigueur. Vigueur à l’image de l’homme jeune chez qui je sens une énergie, un enthousiasme, une passion hors du commun. Vigueur dans les formes, dans la composition, dans les couleurs et la matière; pour reprendre les quatre éléments constructifs ».

 

Exposition Jean-Marc Brunet – 21 mars- 12 avril 2008
Fort Napoléon -
« La création est jubilatoire et manifestement en route. Avec la fréquentation des peintres JeanRustin et Albert Bitran, une nouvelle phase s’imposeà ce travailleur acharné, avec l’abandon d’un certain constructivisme. Enfin, 2007 annonce autre chose, un souffle lyrique annonce autre chose, un souffle lyrique s’entiche de ses toiles, témoignant d’une énergie sans cesse renouvelée »
Jean-Christophe Vila – Responsable du Fort Napoléon -

L’Atelier dévoilé – Carla Van der Rohe -
Au pluriel . Car il y a l’atelier de gravure, où l’artiste imagine et travaille ses hommages et mouvements, et celui de la peinture, où l’on arrive comme si l’on poussait l’étagère d’une bibliothèque pour déboucher dans une salle secrète où tout a été réinventé. Les supports artistiques se distinguent tous. Une pensée créatrice reste indivisible. Les arts entre eux peuvent aussi, dans certains cas, s’unir.La peinture a le pouvoir des mots, devient une écriture, elle rythme le ressenti en « mélodiant » cette délicate alchimie. Dans l’oeuvre de Jean-Marc Brunet, l’alchimie des couleurs, des mots, des rythmes participe à une quête harmonique proche du jazz . Ce sont aussi des sonates.. Quelques effusions de notations fugaces, que le peintre tente, en un corps à corps de maîtriser. Pour Octavio Paz : « toute oeuvre d’art est une possibilité permanente de métamorphose, offerte à tous les hommes » L’espoir de toutes les possibilités, sur la toile, équivaut aux chemins de traverse que propose l’existence. La métamorphose récente dans l’oeuvre de Jean-Marc Brunet trahit la transfiguration du ressenti . Le passage de l’abstraction « pure » à une réalité transfigurée. Elle l’a conduit vers ses lumières.Promesse de l’aube et d’une nature qui s’apprête à renaître, d’un orage qui évoque la colère, la violence du refus chère aux êtres qui traversent cette terre le poing serré, avec pour seul objectif de ne jamais se trahir.
C’est aussi la lumière de Tanger, d’ici ou d’ailleurs. Peu importe.Ses noeuds chromatiques , béances célestes, prennent place dans des vibrations colorées qui exercent des forces contraires. Elles sont invitation au voyage . Invitation baudelairienne à « aller aimer à loisir, aimer et mourir »…vers ces soleils mouillés, ces ciels bruillés » Dans les cieux de Jean-Marc Brunet, nous sommes invités à nous réjouir de la beauté du monde, au coeur de temps. Le bonheur de vivre , de peindre, se fait substance picturale. Là, dans le recul de ses ateliers, la peinture « parle à l’âme en secret ».