L’oeuvre

Abstraction lyrique  –  années 50
C’est la leçon de Matisse, passée par toutes les étapes du modernisme américain : laisser les couleurs s’épandre sans les limiter  par des lignes mais en les retenant  par des zones de toile nue en réserve afin de permettre une profondeur tout en laissant la planéité.  
 
 Cosmogonies, coup de dés - années 60
  

Paul Valéry fut le premier en 1897 à lire l’ouvrage extraordinaire de
Mallarmé Le coup de dés qu’il compare à un ciel étoilé ou à un feu d’artifice:

Véritable méditation sur le hasard créateur, Anita de Caro se transporte, dans l’espace de sa toile, du champ de la peinture dans celui de la poésie : une poésie plastique et spatiale débordant du champ littéraire
Un mouvement dynamique anime sa toile transcrivant la dimension prismatique de l’idée. Prétexte pour une expérimentation sur les espaces à organiser, sur la matière et surtout la couleur
Marc Fumaroli cité dans Roger Vieillard Anita de Caro, le trait et la couleur -Cat. de l’exposition Propriété Caillebotte -2008 -


1966  Les figures humaines
Leur apparition fait l’effet d’un retour à l’instant fondateur de la peinture.
   Pline l’Ancien, relate dans son Traité, l’histoire de cette fiancée corinthienne, qui avant le départ de celui qu’elle aimait pour un long voyage, fixa sur un mur selon les contours de son ombre, la forme chère sur le point de s’évanouir.
De là, l’essor de la peinture murale païenne puis chrétienne
 
 Retrouvant l’esprit de sinopie, Anita de Caro a retenu sur de grandes toiles, l’empreinte de formes saisies au moment où elles se détournent et désertent le visible. Le peintre réinvite un langage de l’absence pour prendre le regard à témoin de ces présences sujettes à éclipse. 

Marc Fumaroli cité dans Roger Vieillard Anita de Caro, le trait et la couleur -Cat. de l’exposition Propriété Caillebotte -2008