Galerie Chauvy – Art moderne et contemporain

 <<Oeuvres    

Jean-Christophe VILA pour l’exposition  Galerie Fort-Napoléon à La Seyne-sur-Mer, 2012
Photo : première exposition 2008 (Jean-Paul Fievet)

       Né en 1970 à Soissons,  Jean-Marc Brunet pratique très jeune le dessin et expose dès l’âge de seize ans. Installé à Paris en 1989, il s’initie à différentes  techniques : le  nu ou la gravure, dans des ateliers de renom. Ses amitiés avec les peintres Alain Salèvor  (guadeloupéen)  et Oswaldo Vigas en 1993  le font se diriger vers la peinture abstraite .Ses toiles d’alors, inspirées par la musique le feront côtoyer Claude Nougaro, Aldo Romano, Charles Aznavour….D’autres cycles suivront avec des moments clés comme l’acquisition en 2000 d’une pressetaille-douce  qui  marque le glissement de l’acrylique à l’huile.Le choc de l’Afrique aussi, avec des séjours multiples au Sénégal en compagnie de l’artisteOusseynou Sarr, la complicité du poète Jean-Marc Natel, les premières expositions àl’étranger,  la réalisation de monotypes, illustrations et livres-objets rendent  hommageau monde de la poésie.

La création jubilatoire est manifestement en route. Puis, une autre rupture en 2004 avec la fréquentation  des peintres Jean Rustin et Albert Bitran, une nouvelle phase s’impose alors : l’abandon d’un certain  constructivisme. Enfin, 2007,  un souffle lyrique s’entiche de ses toiles, témoignant d’une énergie sans cesse renouvelée –

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Charles AZNAVOUR :  « Elles chantent les oeuvres de Jean-Marc Brunet  »
Contre les murs de la maison d’une famille d’émigrants ayant survécu à un génocide, vous ne trouvez pas de toiles de maître, ni même de  croûtes , mais seulement des photos d’êtres chers, disparus dans la tourmente. Je n’ai donc pas eu de culture picturale, mais très tôt, je me suis intéressé aux peintres et à leurs œuvres. Mon goût s’est d’abord porté sur ce qui ressemblait surtout aux visages et aux lieux rappelant le passé de mes parents et des villages de leur enfance. Donc, par la suite, chez moi, tout était figuratif, jusqu’au jour où je  me suis trouvé devant un Zaou Wou Ki que j’ai voulu immédiatement acheter mais que le galeriste n’a pas voulu me vendre.

 J’en pris mon parti et les années ont passé…..moi, je suis resté figuratif ! Lorsque Jean-Marc Natel m’a emmené dans l’atelier de Jean-Marc Brunet, j’ai, sur le champ acheté  trois de ses œuvres. Mes enfants se sont empressés de me les « piquer » dés le lendemain !Jusqu’ici  pourtant leur goût ne semblait pas concorder avec le mien !    A l’évidence lorsqu’une œuvre touche également plusieurs générations, elle est porteuse d’universel. Jean-Marc Brunet possède ce talent particulier que dans ma profession on nomme populaire Cette reconnaissance du plus grand nombre qui dans la République des Arts, est la lettre de noblesse par excellence.

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Lydia Harambourg Jean-Marc Brunet dans La Gazette Drouot N°7 du 18 février 2011

Texte reproduit dans le catalogue de l’exposition galerie Chauvy,  2012

Un sentiment de nature imprègne son oeuvre colorée et lumineuse. Il construit un monde à sa propre mesure. Avide d’espace, Brunet affronte son support – toile, panneau, feuille – avec immédiateté du geste qui se traduit par une inscription directe des signes, de traits, de taches, qui s’ordonnent avec l’évidence d’un langage qu’il fait sien.
Lyrique, son abstraction est d’abord une poème qui tisse des liens avec les grands invariants plastiques. La Méditerranée comme l’Afrique le font renouer avec les vrais secrets de la beauté. Brunet en transcrit les rivages étincelants, les coulées naturelles brutalement endiguées par des gemmes desquelles s’écoulent des giclures, des fluidités et des vapeurs.
Flamboyante ou crépusculaires, sa peinture est propice à la méditation, contient une émotion dont la déflagration colorée envahit une espace pur dans dans un champ chromatique éclatant. Epris de poésie et de musique, Brunet rejoint Nietzsche pour qui, l’art est plus important que la véritéSes séries d’hommages à Edgar Allan Poe ou Henri Michaux dévoilent une présence plus qu’elles ne la montrent.
Avec l’ensemble intitulé En rêvant, le souvenir intervient comme élément constitutif de son univers.

Son abstraction n’est qu’apparente, dans sa volonté de donner des équivalences visuelles aux phénomènes dont il infléchit l’ordre naturel au profit d’une ordre pictural. Le geste concentré allume la couleur travaillée dans sa texture sonore, invente des signes groupés suivant une cadence aux inflexions fusionnelles pour une mise à jour d’une lecture imaginaire, traversée de silences, de fracas, d’ouvertures sur l’infini

Les dessin mêlent étroitement les tracés suivant des flux rythmiques dont la rapidité d’exécution est en prise sur la métamorphose de l’écriture. Sa trame fine et serrée est organisée en boucle et en écheveaux qui se dévident sur une feuille de papier.