Galerie Chauvy – Art moderne et contemporain

<< Bengt Lindström

Peintre suédois.

Après des études scientifiques, il fréquente l’École des beaux-arts de Stockholm et  celle de Copenhague. En 1947, il travaille dans l’atelier de Léger à Paris, où il revient trois ans plus tard  après un voyage en Italie : il partage ensuite son temps entre la France et la Suède.
Sa peinture évolue rapidement vers une figuration très allusive : les personnages y sont tracés à larges coups de brosses  gorgées de peinture, et c’est la matière elle-même qui affirme, à égalité avec les simplifications du trait une intention expressive.

Lindström fait revivre les dieux nordiques en leur donnant, comme à tous ses sujets, les couleurs arbitraires qui seraient celles de paysages oniriques. Dans leur exubérance, ses toiles, qui visent à rétablir les liens entre l’homme, le divin et la nature, sont des exorcismes ou des pièges. Fréquemment cadrés de près, visages et silhouettes paraissent issus d’un magma primitif dans lequel le peintre inscrit alternativement ses joies et ses détresses.

La Nouvelle Figuration

La nouvelle figuration est  lancée en 1964 à l’occasion de deux expositions organisées par le critique Gérald Gassiot-Talabot : l’une au musée d’Art moderne de la Ville de Paris intitulée Mythologies quotidiennes, et l’autre à la galerie Creuze appelée Figuration narrative (1965) — Mais l’expression apparaît à l’occasion de deux expositions organisées à Paris, galerie Mathias Fels, en 1961 (préface de J.-L. Ferrier) et 1962 (préface de Michel Ragon, auteur de l’appellation) : il est alors question d’affirmer l’émergence d’une « troisième voie » par rapport aux tendances dominantes de l’abstraction et du récent nouveau réalisme.

Mais ces premiers rassemblements – où l’on trouve Appel et Jorn, Lindström et Baj aussi bien que Rebeyrolle, Bacon ou Dubuffet– sont trop hétéroclites pour fonder un mouvement cohérent et durable, et c’est au long des années soixante que l’expression se précise, désignant une sensibilité figurative plus distanciée, qui se répand en Europe en contrepoint au Pop Art américain.

Bien qu’également diversifiée (Adami, Arroyo, Erró, Klasen, Monory,  Stämpfli, Télémaque), les pratiques qu’elle rassemble ont en commun l’analyse de rapports inédits  entre les réalités quotidiennes et les mythologies qu’elles impliquent, la mise à jour de la condition contemporaine de l’homme relativement aux médias, à la politique et à ce que peut devenir son imaginaire.