Galerie Chauvy – Art moderne et contemporain

More..

 “ Faire dialoguer les masques “….n’était-ce pas ce que préconisait André Malraux afin que civilisations et contexte historique, ré-interprétés, disent le monde présent  ?

Avec les oeuvres de Soly Cissé, Bengt Lindström, Corneille, Karel Appel, et plus…

La Galerie imagine l’exposition comme une conversation entre les artistes du groupe Cobra : Corneille et Karel Appel, le suédois Bengt Lindström et Soly Cissé, né en 1969 à Dakar où il vit. Les cultures primitives de l’Occident nordique et celles du continent africain sont vues par ces artistes, que deux générations séparent, comme une ultime réserve de vitalité. Elles sont à la source de leur violence créative leur permettant de sortir de leur tour d’ivoire pour produire un impact social en réponse à des sociétés dont ils font le procès.

Dans les collages récents de Soly Cissé, véritables ready-made, les innombrables Dieux primordiaux de l’Afrique luttent avec des éléments empruntés à notre monde contemporain dans un fascinant brassage de cultures apparemment distantes. Loin de céder à une dualité simpliste du bien et du mal, il est dans cet espace en permanente métamorphose, ce Chef rebelle d’un monde d’esprits qui joue de ses multiples facettes pour accomplir une sorte d’exorcisme-contestation. …

Au coeur de ces contraires réconciliés, Andy Wharol donne la main à Ramsès II, étrangers aux contraintes de l’espace. Ils se faufilent à travers les siècles,
mélangeant les fils du temps

Si les cultures primitives de l’Afrique sont dans l’imaginaire du monde entier, il existe, en Occident, une réserve secrète d’esprit barbare (1) : on la trouve dans les sources primitives du grand Nord. Ces cultures oubliées depuis l’âge de pierre avec leurs puissants Dieux nordiques qui projettent ordre et chaos, les malicieux Trolls de la mythologie scandinave, l’art viking, les chamanes lapons, le folklore rhénan et flamand …..Ces turbulences du temps fort des origines ont permis aux artistes du groupe Cobra de rompre avec une tradition picturale à bout de souffle dans le monde dévasté de l’après-guerre, après Hiroshima et en pleine guerre froide. Ils étaient danois : Jorn, Pedersen, belges : Dotremont, Alechinsky , ou hollandais : Corneille, Appel et Constant…. et furent suivi de près par le suédois Bengt Lindström,).

En matière de liberté, Soly Cissé n’a rien à envier aux artistes Cobra. Il s’inscrit dans leur lignée et garde tous ses sens branchés sur le mouvement du monde. Porteur d’une conviction écologique très contemporaine, il observe également, l’homme en perte de lien social et d’identité ethnique projeté dans une société africaine en pleine mutation.
Mais il n’est pas homme à donner de leçon. La toile est l’arène dans laquelle agir (2) , l’espace de ses readymade : le champ de tous les possibles. Ancêtres salvateurs, revenants destructeurs, conversent avec Dubuffet ou avec des figures mi-animales, mi-humaines : meilleure expression de l’instinct et de l’animalité, résumé, pour l’artiste, du monde où nous vivons. Ce fil continu qui le relie à l’aventure artistique de toutes les époques, non sans transgresser les categories établies et invoquer des forces régénératrices, multipliant espace et temps inscrit son oeuvre dans notre monde contemporain.

Au-delà des générations, ces artistes ont en commun une même volonté pour produire un impact social, sortir de leur tour d’ivoire vers un mouvement international. Il fut purement européen et obligatoirement parisien, pour ces artistes dans l’immédiate après-guerre. Il s’ouvre aux scènes et aux artistesnon-occidentaux dans un monde contemporain inter connecté et globalisé.

Lundi – samedi 11h – 19h – ouvert le dimanche  24 Septembre  -la galerie sera fermée le samedi 7 octobre –  – Renseignements : Marion Chauvy -06 09 91 92 93