Galerie Chauvy – Art moderne et contemporain

SOLY CISSÉ                                                                                                                                       

 QUE DIALOGUENT LES MASQUES !  GALERIE CHAUVY, SEPT. 21 – OCT. 13, 2017.               >>>

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La Galerie imagine l’exposition comme une conversation entre les artistes du groupe Cobra : Corneille et Karel Appel, le suédois Bengt Lindström et l’artiste pluri-disciplinaire Soly Cissé, né en 1969 à Dakar où il vit.

Les cultures primitives de l’Occident nordique et celles du continent africain ont été revendiquées par ces artistes.

Ultime réserve de vitalité, elles sont à la source de leur violence créative pour trouver la capacité de sortir de leur tour d’ivoire et produire un impact social en réponse à des sociétés dont ils font le procès (1).

Through works by Soly Cissé, Bengt Lindström, Corneille, Karel Appel and more.

The Gallery imagines the exhibition as a conversation between the artists of the Cobra group Corneille, Karel Appel, the Swedish painter Bengt Lindström with Soly Cissé, artist born in1969 in Dakar where he lives. Primitives cultures from the Occident nordic and those of African continent for Soly Cisse, were claimed by these artists, whom two generations separate, as a central part of their artistic expression. They found a reserve of vitality, a creative violence to produce a social impact in response to societies they criticised against and they found the capacity to go out of their ivory tower.

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Faire dialoguer les masques “….n’était-ce pas ce que préconisait André Malraux afin que civilisations et contexte historique, ré-interprétés, disent le monde présent  ?

Les collages récents de Soly Cissé  sont des ready-made où les innombrables Dieux primordiaux de l’Afrique conversent et luttent avec des éléments empruntés à notre monde contemporain dans un fascinant brassage de cultures apparemment distantes. Loin de céder à une dualité simpliste du bien et du mal, il est dans cet espace en permanente métamorphose, ce Chef rebelle d’un monde d’esprits qui joue de ses multiples facettes pour accomplir une sorte d’exorcisme-contestation. …Au coeur de ces contraires réconciliés, Andy Wharol donne la main à Ramsès II. Étrangers aux contraintes de l’espace ils se faufilent à travers les siècles mélangeant les fils du temps, condition nécessaire à l’ouverture de l’artiste sur le monde contemporain et à la préservation de ses traditions mandingues.

“ Si l’héritage de l’occident est aujourd’hui mis en question par la critique postcoloniale, les mythologies du passé demeurent, se déplacent, se reformulent et se trouvent plus que jamais avivées dans le monde globalisé.”  Michel Foucault : cours au Colllège de France, fin des années 70

Si les cultures primitives de l’Afrique sont dans l’imaginaire du monde entier, il existe, en Occident, une réserve secrète d’esprit barbare (1) : on la trouve dans les sources primitives du grand Nord. Ces cultures oubliées depuis l’âge de pierre avec ses puissants Dieux nordiques qui projettent ordre et chaos, les malicieux Trolls de la mythologie scandinave, l’art viking, les chamanes lapons,  le folklore rhénan et flamand …..Ces turbulences du temps fort des origines ont permis aux artistes du groupe Cobra de rompre  avec une tradition picturale à bout de souffle dans le monde dévasté de l’après-guerre, après Hiroshima et en pleine guerre froide. Ils étaient danois : Jorn, Pedersen, belges : Dotremont, Alechinsky  , ou hollandais : Corneille, Appel et Constant et furent suivi de près par le suédois Bengt Lindström, 

En matière de liberté, Soly Cissé n’a rien à envier aux artistes Cobra. Il s’inscrit dans leur lignée et garde tous ses sens branchés sur le mouvement du monde. Porteur d’une conviction écologique très contemporaine, il observe également, l’homme en perte de lien social et d’identité ethnique projeté dans une société africaine en pleine mutation.

Mais il n’est pas homme à donner de leçon. La toile est l’arène dans laquelle agir  (2) , l’espace de ses ready-made : le champ de tous les possibles. Ancêtres salvateurs, revenants destructeurs, conversent avec Dubuffet ou avec des figures mi-animales, mi-humaines : meilleure expression de l’instinct et de l’animalité, résumé, pour l’artiste, du monde où nous vivons. Ce fil continu qui le relie à l’aventure artistique de toutes les époques, non sans transgresser les categories établies et invoquer des forces régénératrices, multipliant espace et  temps inscrit son oeuvre dans notre monde contemporain.

Au-delà des générations, ces artistes ont en commun une même volonté pour produire un impact social, sortir de leur tour d’ivoire vers un mouvement international. Il fut purement européen et obligatoirement parisien, pour ces artistes dans l’immédiate après-guerre. Il s’ouvre aux scènes et aux artistes non-occidentaux dans un monde contemporain inter connecté et globalisé.

1-Jean-Clarence Lambert – Le règne imaginal –  Éditions Cercle d’Art, 1998

2 – Harold Rosenberg The American Action Painters – Art News, article : décembre 52.