La première exposition de Lass à Paris évoque les questions contemporaines prises en compte par son pays le Mali, autour du thème du changement climatique et de la menace de désastres écologiques.
L’artiste met en relation une fleur pour symboliser la Nature et sa capacité de résilience, avec un enfant, dans une implication réciproque qui donne une dimension allégorique à son propos.
L’exposition présente des enfants dans des attitudes intentionnellement et délicieusement gauches. L’accent est mis sur l’essence des personnages plutôt que sur leur exactitude physique. Face à face, enfant et fleur, de connivence, paraissent comme saisis sous la pression de catastrophes environnementales menaçant de les submerger, autant l’un que l’autre. Un dialogue semble s’instaurer entre l’enfant et la fleur, esseulés et vulnérables, dans l’espace de la toile. L’enfant sait d’instinct que la fleur est vivante et fragile au même titre que lui. La force de la fleur, dépendra de celle de l’enfant. L’artiste porte un regard, à la fois critique et optimiste, sur notre relation avec le monde qui nous entoure et la nécessaire protection de tout ce qui est vivant sur terre. Une notion bien intégrée au Mali, au vu des campagnes lancées ces dernières années pour combattre le réchauffement climatique et pour le reboisement comme : «Bamako vert», «Save le fleuve Niger»: « Je plante mon arbre », « Ma rue verte », « Un Malien, un arbre »

.

L’œuvre de Lass est sous tendue par la vision critique de son environnement direct. Ces influences, puisées au coeur de son pays le Mali, ouvrent un dialogue sur les valeurs humaines, l’écologie, le temps et la perséverance nécessaires au fonctionnement de vies aux modes d’existence pourtant, radicalement différents – *chaque espèce créant toujours, de manière généreuse, pour les autres espèces.

Alhassane construit ses peintures à travers des couches d’acrylique répétées pour créer des compositions matiéristes, incorporant de la cendre ou de la poudre de bois sur la toile, le papier ou le contreplaqué. Coloriste magistral, sa palette chromatique comprend des gammes de bleus, de jaunes vibrants avec des touches de vert, des gris et des roses. Le blanc, avec des contrastes de tons subtils domine, dans d’autres compositions. Une touche fluide et des transparences d’aquarelle, en particulier pour la décoration florale de l’arrière-plan, contribue au chromatisme délicat dans lequel baigne les compositions de la série présentée.

LASS obtient, en 2017, un BTS en sculpture à l’Institut National des arts. Il se forme ensuite au Conservatoire des Arts et métiers Multimédia de Balla Fasséké Kouyaté de Bamako au Mali. Nommé à deux reprises, lauréat du concours de la coopération Mali/Union Européenne, il est membre du Collectif Tim’Arts, avec lequel il expose régulièrement à Bamako et Segou. Il parti :;!cipe à des expositions collectives au Musée National du Mali et Français organisées notamment par le Centre Soleil d’Afrique.